Sanctuaire de la Croix de Deir El-Qamar

La colline de Deir El-Qamar, est historique, riche en vestiges et en jalons. Elle se trouve à une altitude de près de 1000 mètres au-dessus de la mer, et à près de 85 kms de Beyrouth. Elle débouche sur la mer et sur la majeure partie des hameaux côtiers et montagneux libanais du Chouf et du Metn. Elle a acquis, par le passé, le sobriquet “ Forteresse de Tyr”, car à partir de là, la vue s’étend vers la cité de Tyr.
En 1929, Abouna Yaacoub a eu l’idée, après avoir découvert un caveau appartenant aux martyrs des massacres de 1860, d’ériger un monument historique flanqué d’une Croix, afin de perpétuer leur souvenir.
Ayant obtenu l’autorisation de ses supérieurs, et collecté des dons, il a entamé d’emblée l’ouvrage sur la colline, au-dessus d’une parcelle de terrain d’une superficie de près de huit mille mètres carrés que l’évêque Boustani, serviteur du diocèse de Saida et de Deir El-Qamar d’alors lui avait accordée comme bien d’église.
Pendant l’été 1932, l’ouvrage a pris fin, et une voie de passage de Deir El-Qamar a été frayée vers le sanctuaire qui a été inauguré le 13 septembre de la même année au cours d’une cérémonie solennelle ayant regroupé près de dix mille personnes ayant afflué de tous côtés, priant et rendant gloire au Seigneur… Ce jour-là, Abouna Yaacoub avait souhaité que la fête de la Croix devienne une fête nationale pour tous les libanais…
Aujourd’hui, après avoir été restauré à la suite des conséquences des dernières guerres et du relais des troupes militaires sur cette colline stratégique, le sanctuaire fait figure de base en ciment de forme architecturale de quatre piliers inclinés, interdépendants en pseudo-arcades, d’une hauteur de huit mètres, sur la surface de laquelle s’élève une Croix en fer de dix mètres avec un crucifix de fabrication française. La face du crucifix est tournée vers les municipalités des frères druzes, plus précisément vers la localité de Baakline, comme s’il en appelait à ses habitants et à la périphérie à s’aimer, à s’unir et à vivre au cœur de la montagne comme au Cœur de Dieu.
Le sanctuaire, la Croix et la base alimentés en éclairage, offrent aux contemplateurs nocturnes une masse illuminée, comme s’il s’agissait d’une étoile suspendue en plein azur. Aux limites du parvis plus précisément, le sanctuaire est cerné des quatorze étapes du calvaire qui exigent aujourd’hui une restauration. La Congrégation élabore en ce moment une étude visant à réhabiliter la colline.
Du côté sud, sise l’église qui porte le nom d’Abouna Yaacoub, à la suite de sa béatification en l’an 2008. En fait, c’est une sorte d’ancienne cave de trente mètres environ, qui servait, dans le temps, d’entrepôt pour les vivres et l’eau, et dont l’ordre séculier de Saint François faisait un lieu de repos pour leurs longues nuits de recueillement.
Trois grandes cérémonies entrecoupées de messes et de processions, sont célébrées dans le sanctuaire: Le premier février de chaque année, en commémoration de la date de naissance d’Abouna Yaacoub, le 26 juin de chaque année, en souvenir de sa mort, et la nuit du 13 septembre de chaque année, fête de l’assomption de la sainte Croix.
Au cours de ces trois occasions, les fidèles et les participants affluent par milliers de la région et des parages, pour assister en plein à l’évènement et à l’occasion, juste comme Abouna Yaacoub l’avait un jour souhaité, en ce sens qu’il voulait que la Croix de Deir El-Qamar s’élève pour raviver l’esprit de foi dans le cœur des chrétiens de ces contrées.